Nol’ – «Une pluie acide» (de l’adaptation et de la bellettristique)

Quand j'adapte une chanson, il y a, le plus souvent, une seule et unique motivation : elle me plaît. Dans un exercice quotidien et personnel, je fais tourner dans ma tête une punchline – une rime percutante – et j'essaye de comprendre si, en retournant les mots dans tous les sens, je peux obtenir quelque chose de vaguement équivalent en français. Et, des fois, par miracle ou par étirement, ça tombe presque juste. Souvent, je me résigne à ranger l'ébauche de texte dans le dossier «intraduisibles», que je revisite quand même, de temps en temps, au cas où j'aurais une illumination soudaine.

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Zoopark – «Blues de Moscou» (en french dans le texte)

J'ai mentionné, dans mon précédent billet, le morceau traduit ci-dessous comme un bon exemple de la très folklorique rivalité existant entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Peu après, je suis retombé sur ce papier : Les particularités d'emploi des mots argotiques en russe contemporain. Bien que restant d'actualité une bonne quinzaine d'années après son écriture, il propose une référence musicale qui est, à mon humble avis, l'une des moins pertinentes que l'on puisse choisir dans ce contexte : Viktor Tsoï est mentionné par l'auteure comme l'exemple d'un musicien de la Perestroïka ayant porté l'argot dans les masses, alors qu'il est, au contraire, un de ceux dont les textes contiennent le moins d'expressions vulgaires, argotiques ou datées, ce qui a contribué à les rendre intemporels.

Cannes, Kino, le cinéma, Serebrennikov, l’Été et des navets guerriers

Après une longue pause et une série de traductions et de billets plus ou moins détachés de l'actualité, j'essaye de rattraper les dépêches de mon fil Twitter, et voilà que je tombe, bien opportunément, sur Cannes, Serebrennikov et son «Été», une occasion pour moi de parler (une fois de plus) des personnages dépeints par son film et, comme d'habitude, de finir par divaguer sur des trucs qui n'ont pas beaucoup de rapport.

Pronoms fantômes, humour douteux, et Daniil Harms contre le pistolet Makarov

Dans la langue russe, malgré ses mécanismes parfois remarquables (ah ! ces verbes de mouvement !) et son vocabulaire fleuri, il y a une nuance qui se perd presque totalement : celle des pronoms personnels et impersonnels. J’aime l’illustrer par cette vielle blague où Pét’ka, jeune recrue de l’Armée Rouge, demande au légendaire commandant Vassili Tchapaïev la signification du mot « nuance ».

Moisissure Rouge – «Sortez couverts»

Dans le texte qui suit, certains prénoms ont été modifiés afin de m'épargner l'effort de réinventer des rimes. Une note sur l'utilisation de «tiotia» (тётя) et, par extension, du masculin «diadia» («дядя»), dans la langue russe : dans le langage enfantin ou dans le langage familier, ce sont les «civilités» utilisées pour évoquer des personnes proches ou bien connues : des membres de leurs familles (véritables tantes), mais également des voisins, amis de la famille ayant (plus ou moins) le même âge que les parents.

Krasnaia Plesen’ – Triptyque patriotique (des bites et des cons)

[NSFW - ce billet est à éviter au travail ou en bonne compagnie]

Il y a des morceaux et des groupes, on ne sait pas trop par quel bout s’y prendre pour vous les présenter et les vendre. Le thème de ce billet est un truc du genre : « Le cas particuliers de la bite et du con dans la satire patriotique du groupe de trash-pop-punk Krasnaia Plesen’ »

Leningrad – «Fiasco»

Le 19 septembre, dans une interview à Interfax, Alexandr Jarov, dirigeant du Roskomnadzor, a déclaré qu'il voyait de manière négative l'utilisation de mots obscènes lors des échanges sur Internet, et a appelé les différentes communautés en ligne à arrêter de les utiliser grâce à «l'auto-régulation». Il citera en exemple les bureaux du Roskomnadzor, où la quantité de «mat» (le vocabulaire grossier russe) a été réduite grâce à l'introduction d'une «cuss jar» à l'américaine.

Les médias en ligne, contrairement aux média traditionnels, ne sont pas touchés par les infractions administratives prévues pour l'utilisation de grossièretés dans leur contenus. En 2014, quand la dernière loi idoine était adaptée, Sergueï Shnourov et son groupe Leningrad, connus pour l'abondance de vulgarités dans leurs textes, ont fait un joli pied-de-nez à cette législation avec la chanson «Fiasco», chantée sur l'un des plateaux télé les plus populaires de Russie (Vecherniï Ourgant).