«Rock-lobotomie : comment nous avons bousillé notre identité. 1re partie» (K. Siomine)

Il a plusieurs raisons qui m’ont poussé à traduire ce texte dans son intégralité et à publier le résultat. Fin 2014, quand j’écrivais un billet intitulé « Soljenitsyne, Pouchkine et le Goblin », j’étais loin de m’imaginer l’ampleur que prendrait la tendance que j’y décrivais. On assiste aujourd’hui, en Russie, à ce que j’aimerais appeler « un renouveau de la pensée marxiste », mais je serai plus mesuré et réaliste : on a observe, ces deux-trois dernières années, une montée en puissance de la propagande communiste sur le runet, le segment russophone de la Toile.

Vladimir Vyssotski – «Mon ami part pour Magadan»

En Russie, quand un prévenu se transforme en condamné, et se voit attribuer la « colonie » où il devra purger sa peine, ou quand un détenu est transféré d’une prison à une autre, il va, comme on dit dans le jargon des voleurs, po ètapou, « par l’étape », ce qui désigne les différentes escales qu’il devra faire avant d’arriver, souvent en train, à sa destination. Magadan est une de ces étapes finales et fortement symboliques, port et gare de triage desservant les différents bagnes de la région.

Leningrad / Nestchastnyï Sloutchaï – «Élections, élections…»

Ça fait un bout de temps que j'ai renoncé à essayer de commenter régulièrement les actualités politiques et sociales russes : je ne le faisais avant, déjà, qu'aux très grandes occasions où j'estimais que je pouvais ajouter un point de vue un minimum original (dans la sphère francophone, du moins) et souvent, en réalité, ça se résumait à du sarcasme et des railleries pas très habiles qui ont, en plus, fini par se tarir.

La recette des pirojki (des benêts numériques et des beignets poétiques)

En règle générale, je ne mets mes gros sabots sur les réseaux sociaux que pour faire la promotion des billets de ce blog. J’ai développé une antipathie profonde pour une grande partie du contenu et des principes de fonctionnement de ces espaces d’échange et de discussion : la paresse du like et du repost, la bulle narcissique qu’ils entretiennent, la mauvaise foi qui en irradie, l’abêtissement général qui en résulte et auquel je n’échappe pas.

Grajdanskaia Oborona – «KBG-rock»

Loin des centres culturels et historiques de Moscou et Leningrad, une scène et une tradition du rock singulières prennent forme en Sibérie, et la deuxième moitié des années 1980 verra l’émergence de son auteur le plus emblématique et de son projet le plus connu : Egor Letov et Grajdanskaia Oborona. Souvent, les deux ne font qu’un : punk et anarchiste jusqu’au bout des ongles, Letov crée abondamment, en solitaire, dans l’urgence et sous influence, avec des casseroles en guise de batteries, enregistrant sur un magnétophone mono-piste ses morceaux abscons et énervés.

Grajdanskaia Oborona – «Chanson sur Lénine»

Sur le rapport houleux que Letov a entretenu, en mode fascination-répulsion, avec la pensée communiste et ses symboles, le principal a été dit au long de mes précédents billets, mais il convient de s’attarder sur le cas particulier de Lénine. Si à l’échelle de l’œuvre de Grajdanskaia Oborona, on aurait du mal à faire de … Lire la suite Grajdanskaia Oborona – «Chanson sur Lénine»

Mike Naoumenko – «Rastafara (Natty Dreada)»

La condamnation de l'appropriation culturelle en vogue à notre époque aurait probablement bien fait rigoler Naoumenko et ses complices de la scène rock soviétique. Le premier hit de Mike sera « Saloperie », qui s’approprie le riff de « Baby Face » de Lou Reed, et toute sa carrière sera marquée par les sonorités blues, rock et punk occidentales à peine altérées. Et si il s'applique, dans ses textes, à décrire de la manière la plus désabusée et directe les réalités de la vie en URSS, il pioche, comme la plupart, dans le folklore non seulement local, mais international.

Vladimir Vyssotski – « Zéka Vassiliev et Pétrov-zéka » (L’Auteur, le Barde, le Truand)

Le truand chanté par Vyssotski à ses débuts, même si parfois il se retrouve presque par accident dans le milieu, est généralement un criminel convaincu et endurci, simplement un peu plus passionné, sensible ou généreux que ses comparses, ce qui le mène à sa perte. Tatoué de l’intérieur, contestant, littéralement, les termes de sa condamnation … Lire la suite Vladimir Vyssotski – « Zéka Vassiliev et Pétrov-zéka » (L’Auteur, le Barde, le Truand)

Zoopark – «J’oublie» (reprise par F. Tchistiakov et Chizh)

Les statistiques du site sont sans appel: j'aurai beau m'épancher sur le cas Letov ou essayer de démontrer l'importance folklorique de Krasnaia Plesen', les lecteurs potentiels et les recherches qu'ils effectuent dépendent des faiseurs d'opinions et de tendances dont je ne fais pas partie. Ainsi, depuis l'été dernier et le film homonyme, l'écrasante majorité des visites atterrit sur les deux traductions de Zoopark publiées sur ce blog, qui ont pris la tête du classement en terme de nombre de vues.