Krasnaia Plesen’ – Triptyque patriotique (des bites et des cons)

[NSFW - ce billet est à éviter au travail ou en bonne compagnie]

Il y a des morceaux et des groupes, on ne sait pas trop par quel bout s’y prendre pour vous les présenter et les vendre. Le thème de ce billet est un truc du genre : « Le cas particuliers de la bite et du con dans la satire patriotique du groupe de trash-pop-punk Krasnaia Plesen’ »

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Lyapis Trubetskoy – «Manifest»

C'est toujours pareil, à chaque fois que je me remets à commenter l'actualité de la Russie contemporaine. Il y a un moment d'excitation devant cette vie politique tellement plus burlesque, tellement plus entraînante que le mollasson «débat démocratique» que l'on nous sert en Occident. Puis, je me rappelle que ce sont des gens qui subissent ce capharnaüm tous les jours et, devant l'absurdité et la fatalité, des fois, les mots m'en manquent, les bras m'en tombent.

Zakhar May – «Le fusil d’assaut»

Je déterre ce morceau qui, bien qu'il sous-entende une autre modèle de fusil d'assaut, coïncide avec le thème de la semaine en Russie: Kalachnikov et son monument. Bref rattrapage pour les retardataires : une statue de l'ingénieur soviétique à été inauguré en grande pompe (avec pope bénisseur de rigueur), et à peine Internet a-t-il eu le temps de s'enflammer en débats sur le véritable créateur de l'AK-47 (certains attribuent la paternité à Hugo Schmeisser, détenu presque jusqu'à sa mort en Russie) et les inspirations de la Kalachnikov par rapport au StG44 allemand, se balançant à la gueule documents secrets, photos en gros plan et schémas techniques, on s'est aperçu que, dans un coin, sur le socle de la statue, le sculpteur avait ajouté le schéma «éclaté»… du StG44 ! Panique à bord, on envoie deux ouvriers «gommer» la bavure à la disqueuse, ils se font interpeller par la police, soupçonnés de vandalisme, pendant que le sculpteur bafouille des excuses : «j'ai cherché sur Google…»

Leningrad – «Fiasco»

Le 19 septembre, dans une interview à Interfax, Alexandr Jarov, dirigeant du Roskomnadzor, a déclaré qu'il voyait de manière négative l'utilisation de mots obscènes lors des échanges sur Internet, et a appelé les différentes communautés en ligne à arrêter de les utiliser grâce à «l'auto-régulation». Il citera en exemple les bureaux du Roskomnadzor, où la quantité de «mat» (le vocabulaire grossier russe) a été réduite grâce à l'introduction d'une «cuss jar» à l'américaine.

Les médias en ligne, contrairement aux média traditionnels, ne sont pas touchés par les infractions administratives prévues pour l'utilisation de grossièretés dans leur contenus. En 2014, quand la dernière loi idoine était adaptée, Sergueï Shnourov et son groupe Leningrad, connus pour l'abondance de vulgarités dans leurs textes, ont fait un joli pied-de-nez à cette législation avec la chanson «Fiasco», chantée sur l'un des plateaux télé les plus populaires de Russie (Vecherniï Ourgant).

DDT – «Terroriste»

J'me retourne : tout est calme. Personne derrière. Le puits d'une cour. Un trou : l'entrée de service. C'est cloué ! Le diable emporte cette lumière Qui se colle par-dessus comme une flaque de pisse. Une échelle de secours rouillée et fragile, Bordée de fenêtres, mais c'est la seule issue. Les étages s'égrènent, d'une lenteur assassine, Dépassés par des mains tremblantes et fourbues.

Sektor Gaza – «Le derche» (sanctions, subventions, cultes des personnalités, arnaques, crimes et chantiers navals)

Pendant que la France vénère son nouvel idole pousseur de ballon acheté pour une somme indécente, au cas où vous vous poseriez la question, le culte de la personnalité Poutine se porte bien, merci, entretenu qu'il est à la fois par le lustrage des media pro-pouvoir et les opposants qui ne voient pas d'autre solution que de commenter et de dénigrer le phénomène. On en est arrivé à un point où le dialogue entre le pouvoir et l'opposition russes se résume à un concours d'images photoshopées de Poutine en train de pêcher ou de faire de la randonnée.