Nike Borzov – «Petit cheval»

Parmi les refrains pop-rock entêtés et entêtants de la deuxième moitié des années 1990 en Russie, le morceau traduit ci-dessous n’est peut-être pas forcément plus emblématique qu’un autre, mais il est en certains points pittoresque. Nike Borzov représente bien cette génération qui a profité de la perestroïka pour commencer à faire du rock et qui, une dizaine d’années plus tard, à force de répétitions, de talent et de hasard, a su caser deux ou trois hits dans les classements et les rotations des radios et chaînes musicales.

«Rock-lobotomie, 2e partie : la dictature de la monotonie, de la médiocrité et du régurgité»

Résumé de l’épisode précédent. Dans les années 80, la musique rock occidentale a été utilisée pour forcer la conscience collective soviétique et pour conduire le pays au suicide. Cet effet aurait difficilement pu être atteint sans le concours de la Télévision Centrale.

Leningrad / Nestchastnyï Sloutchaï – «Élections, élections…»

Ça fait un bout de temps que j'ai renoncé à essayer de commenter régulièrement les actualités politiques et sociales russes : je ne le faisais avant, déjà, qu'aux très grandes occasions où j'estimais que je pouvais ajouter un point de vue un minimum original (dans la sphère francophone, du moins) et souvent, en réalité, ça se résumait à du sarcasme et des railleries pas très habiles qui ont, en plus, fini par se tarir.

Sektor Gaza – «Les riches pleurent aussi»

Sektor Gaza est un groupe pour lequel il est problématique de dresser un tableau clair ou de nettes tendances dans l'évolution des thématiques abordées au fil des albums, si ce n'est la disparition progressive des railleries contre le régime communiste, suite à la chute de ce dernier, et une volonté passagère de rendre la musique plus commerciale sur quelques morceaux ou albums en supprimant le langage explicite ou argotique voire même le ton très familier qui sont parmi leurs marques de fabrique (cf. «Lirika», «Touman» ou l'album Gazovaia Ataka). Tout cela n'est pas arrangé par le fait que, comme la plupart des rockers de l'ex-URSS, ils ont profité des meilleures conditions studio auxquelles ils ont pu avoir accès dans les années 1990 pour réenregistrer une partie de leurs vieux tubes, et pas forcément dans le bon ordre.