Tchaïf – «Le temps n’attend pas» (De Machiavel à Nora Gal, en passant par Lénine)

C'est l'heure de hurler. Illustration de Vassia Lojkine.

Lors de la traduction d’un texte littéraire en général, et poétique en particulier, la question des éventuelles inspirations et références se pose toujours, même s’il s’agit de déterminer de manière plus ou moins plausible leur absence. Le titre du morceau traduit plus bas – время не ждёт, « le temps n’attend pas » ne fait pas trop de doute : quelqu’un, quelque part, a probablement utilisé ces mots exacts, et ils sont restés dans les mémoires. Et une recherche, même superficielle, confirme que c’est arrivé plusieurs fois en des contextes variés et avec des intentions bien différentes, qu’il devient curieux de comparer entre elles.

Grajdanskaia Oborona – «Chanson sur Lénine»

Sur le rapport houleux que Letov a entretenu, en mode fascination-répulsion, avec la pensée communiste et ses symboles, le principal a été dit au long de mes précédents billets, mais il convient de s’attarder sur le cas particulier de Lénine. Leitmotiv inévitable du communisme, Lénine est la vedette de deux titres majeurs du groupe : l’emblématique « Tout se déroule selon le Plan », où Letov décompose, dès les premiers vers, Lénine en « moisissure et miel de tilleul », et la reprise de la chanson soviétique « Et de nouveau le combat continue », qui deviendra un classique des concerts du groupe dès sa reformation en 1993 et qui célèbre, dans son refrain, le jeune Lénine et l’éternel Octobre qui nous attend.