Vladimir Vyssotski – «Mon ami part pour Magadan»

En Russie, quand un prévenu se transforme en condamné, et se voit attribuer la « colonie » où il devra purger sa peine, ou quand un détenu est transféré d’une prison à une autre, il va, comme on dit dans le jargon des voleurs, po ètapou, « par l’étape », ce qui désigne les différentes escales qu’il devra faire avant d’arriver, souvent en train, à sa destination. Magadan est une de ces étapes finales et fortement symboliques, port et gare de triage desservant les différents bagnes de la région.

Vladimir Vyssotski – « Zéka Vassiliev et Pétrov-zéka » (L’Auteur, le Barde, le Truand)

Le truand chanté par Vyssotski à ses débuts, même si parfois il se retrouve presque par accident dans le milieu, est généralement un criminel convaincu et endurci, simplement un peu plus passionné, sensible ou généreux que ses comparses, ce qui le mène à sa perte. Tatoué de l’intérieur, contestant les termes de sa condamnation devant la cour « populaire », il est maximaliste et sympathique. Dès le début des années 1960, Vyssotski s’éloignera de cette image, et s’efforcera de présenter les personnages criminels ou assimilés dans un contexte satirique et moralisateur.