Cannes, Kino, le cinéma, Serebrennikov, l’Été et des navets guerriers

Après une longue pause et une série de traductions et de billets plus ou moins détachés de l’actualité, j’essaye de rattraper les dépêches de mon fil Twitter, et voilà que je tombe, bien opportunément, sur Cannes, Kirill Serebrennikov et son «Été», une occasion pour moi de parler (une fois de plus) des personnages dépeints par son film et, comme d’habitude, de finir par divaguer sur des trucs qui n’ont pas beaucoup de rapport.

Résumé du cas Serebrennikov, pour les autres retardataires : metteur en scène de théâtre et de cinéma particulièrement apprécié au temps de la poudre aux yeux «progressiste» de la présidence de Medvedev, il est fort probable que ce sont ses visions artistiques dorénavant jugées décadentes et ses prises de position répétées en faveur de l’opposition lui ont valu de se retrouver derrière les barreaux, puis assigné à résidence, suite à une présumée affaire de détournement de fonds dans son théâtre «Gogol-Centre».

Début mars, la mère de Serebrennikov décède des suites d’une maladie, alors que les autorités refusent au metteur en scène le droit d’aller lui faire ses adieux. Cette semaine, grande séquence émotion à Cannes, siège vide, panneaux de soutien, puis le show continue. Le festival vient tout juste de récompenser la bande originale du film, composée de reprises de tubes de la scène rock russe sortant de l’underground à Léningrad, le film lui-même tournant autour de Mike Naoumenko, de sa femme Natalia Naoumenko, de Viktor Tsoï et du triangle amoureux qu’ils auraient formé, au début des années 1980.

J’emploie le conditionnel parce que, apparemment, on ne pourra pas vraiment compter sur «L’été» pour être une biographie fiable et, comme dans le cas du «Léviathan» de Zviaguintsev, on sent déjà un certain décalage entre les appréciations des critiques occidentaux et la perception de l’œuvre sur la terre natale de l’auteur. Au-delà de la campagne de dénigrement (ou de silence) concernant le cas de Kirill Serebrennikov de la part des médias officiels ou inféodés, ce sont certains artistes russes, ceux qui, justement, ont vécu ce Léningrad underground des années 1980, qui remettent en doute les qualités du film. BG, ou Boris le Gourou en personne, a affirmé, à la lecture du scénario, que « c’est un mensonge du début à la fin ».

« Nous vivions différemment. Dans son scénario, il n’y a que des hipsters moscovites [1] qui ne savent rien faire à part copuler aux frais des autres. Ce scénario a été écrit par une personne venant d’une autre planète. Je crois qu’à l’époque, le scénariste aurait travaillé pour le KGB. »

Alexeï «Ryba» Rybine, guitariste et cofondateur du groupe Kino (nom qui signifie d’ailleurs «cinéma» en russe) avec Tsoï, insiste pour que son nom ne soit pas associé au film, et le critique Artemiï Troitskiï, qui a connu personnellement Mike, Natalia et Viktor, abonde dans le sens de «BG» et «Ryba». Troitskiï nuance toutefois : aucun d’eux trois n’a vu le film, cet avis se base entièrement sur le scénario, « avec n’importe quel scénario, même le plus merdique, il est tout a fait possible de faire un film remarquable, et Kirill Serebrennikov est, d’ailleurs, un réalisateur hors du commun. » Pendant ce temps, les détails du casting émeuvent les masses de fans, et toujours pas dans le bon sens : principalement, il s’agit du choix de Roman Bylik, du groupe de pop-rock Zveri, dans le rôle de Mike Naoumenko. «Roma Zver’ dans le rôle de Mike, c’est un bon gros molard à la gueule d’une génération», résume un des commentateurs de la reprise aujourd’hui primée à Cannes, jugeant, comme d’autres, que le style commercial et doucereux des Zveri est trop en dissonance avec la personnalité décalée et rebelle de Naoumenko et de son groupe Zoopark.

En attendant de pouvoir juger sur pièce (et probablement garder cet avis pour moi-même), à chaque fois qu’un film calibré pour les critiques occidentaux décroche une palme ou autre statuette, je ne peux m’empêcher de voir, en plan américain, la silhouette désapprobatrice de Nikita Mikhalkov, sur fond d’étagère à Oscars. Son Soleil trompeur et ses staliniens tragiques et sanguinaires, on avait bien aimé, à l’Académie et sur la Croisette, et peu se doutaient à l’époque que ce metteur en scène tellement en symbiose avec son époque n’aurait aucun mal à faire la transition avec l’ère Poutine et à devenir un de ses partisans les plus fervents. Faut dire que Nikita n’est pas trop fan de l’alternance au pouvoir, lui non plus, sachant qu’il est depuis 1997 l’indéboulonnable président de l’Union des Cinématographes de la Fédération de Russie (SK RF). Au passage, son père Sergueï Mikhalkov, célèbre poète décédé en 2009, a eu le temps de maquiller l’ancien hymne stalinien soviétique pour en faire l’hymne de la Russie poutinienne.

Le cinéma russe dans son ensemble a connu de gros bouleversements dans les années 1990, quand il a dû apprendre sur le tas à se vendre dans une économie de marché, face à une foule de concurrence étrangère. Les soviétiques avaient alors soupé de presque cinq décennies de films dédiés à la Grande Guerre Patriotique qui, malgré la diversité d’intrigues et de héros qu’ils pouvaient proposer (aviateurs, partisans, tankistes, éclaireurs, espions [4] ou simples citoyens pris dans la tourmente) avaient presque tous quelques points communs : célébrant l’exploit du peuple soviétique dans son ensemble, dénués d’images «choquantes» (gore, sexe, etc), n’abordant pas ou édulcorant les thèmes «tabous» (les purges staliniennes de l’état major et du corps des officiers, le pacte Molotov-Ribbentrop, les défaites initiales et les millions de prisonniers de guerre, les collabos, les pertes très élevées tout au long du conflit, l’occupation de l’Europe de l’Est, etc.)

Les réalisateurs russes et post-soviétiques, libérés du carcan de la censure, s’en donnent à cœur joie pour plomber l’ambiance : les années 1990 seront celles de la «tchernoukha», le cinéma de la «noirceur» reflétant la violence du quotidien qui s’était installée dans la plupart des pays d’ex-URSS. Les films dédiés à la GGP disparaissent presque totalement des écrans. Ils feront leur grand retour dans les années 2000, souvent sous forme de films télévisés, et veulent montrer la «sale guerre» et les «héros inconnus» : enfants-soldats, bataillons disciplinaires, repris de justice enrôlés par la force des événements, sans oublier, bien sûr, des tripes partout et, derrière, les hordes de commissaires impitoyables prêts à mitrailler tous les récalcitrants. Mikhalkov, qui, d’une certaine manière, a été à l’avant-garde de cette tendance, revient à la charge au début des années 2010 avec un diptyque : Soleil trompeur 2 : Predstoianiie [2] et Soleil trompeur 2 : Citadelle (également appelé Soleil Trompeur 3).

Les deux films narrent l’aventure de certains des héros de Soleil trompeur durant la Deuxième Guerre mondiale, bénéficient d’un budget colossal pour le cinéma du pays (environ 50 millions de dollars), d’une promotion dans tous les grands médias nationaux et d’une première au Kremlin à l’honneur du 65e anniversaire de la Victoire, mais peu de gens sont dupes. Il y a des réalisateurs qui aiment apparaître dans leurs propres films dans des «caméos», Nikita Mikhalkov, lui, préfère avoir l’un des premiers rôles, et ne se gêne pas, au passage, pour ressusciter le personnage d’Oleg Menshikov, qui avait été propulsé au rang de superstar par le premier volet de Soleil trompeur et qui est toujours l’un des acteurs les plus bankable [3] en Russie.

Le film était vendu comme une «grande fresque épique et historique» : en écrivant le scénario, Mikhalkov aurait lu des centaines et des milliers de documents et de lettres du front, et ça y est, les russes allaient enfin avoir leur authentique Il faut sauver le soldat Ryan bien à eux. Sauf que, dans sa décadence, sa mégalomanie et son élan patriotique, le héros-auteur-réalisateur s’est permis une avalanche de scènes, étalées sur presque six heures de pellicule, qui oscillent trop souvent entre le grotesque, le navrant et le surréaliste. Retournant, comme à son habitude, sa veste, Mikhalkov affirmera ensuite que le film est en fait sa vision artistique et allégorique. Je ne sais pas si c’est une tradition, mais tout cela n’aurait apparemment pas empêché le film de recevoir une standing ovation au festival de Cannes.

Les chroniqueurs et youtubeurs russes, eux, ne se sont pas gênés pour taillader l’œuvre boursouflée de Mikhalkov et en extraire tout le suc, le pathos et la nanardise : parmi ces critiques, il y a l’un des plus populaires de Russie, Evgueni «BadComedian» Bajénov. Inspiré par les vidéo-blogueurs anglophones Nostalgia Critic et Spoony, Evgueni a monté son show qu’il qualifie de «ciné-critinisme» (de critique+crétinisme), dans lequel il enchaîne les hyperboles et endosse les costumes de différents personnages tout en taillant en pièces un mauvais film ; avec presque trois millions d’abonnés à ce jour, il a de loin dépassé le succès de ses modèles. Ses personnages en disent long sur sa perception de l’état général du cinéma russe : une racaille et un gros beauf cœurs de cible, des scénaristes pleins de cocaïne, des critiques pédants, le «MikhalOscar» comme récompense principale et un enquêteur qui essaye de comprendre : où a donc pu aller l’argent alloué aux films ?

Parmi les personnages récurrents de BadComedian, peut-être manque-t-il celui d’un papy teigneux qui voit des «fascistes» partout, comme dans la chanson qui suit parce que, euh, oui, j’ai encore pondu tout ça dans le vain espoir de vous faire écouter un autre morceau de Krasnaia Plesen’.

[1] Il existe une traditionnelle rivalité entre Moscou, capitale historique et soviétique, et Saint-Pétersbourg (ex-Léningrad), capitale impériale et artistique, notamment au niveau des beaux-arts et des bohémiens de tout poil (cf. par ex. le «Blues de Moscou» [en français dans le titre] de Mike Naoumenko).
[2] Predstoianiie est un terme délicat à traduire et pourtant très instinctivement compréhensible pour un russophone malgré sa rareté, il est issu du vocabulaire religieux et signifie plus ou moins «se tenir devant [Dieu]». Détaché de sa connotation religieuse, il peut sonner comme un mot-valise de predvkucheniie (l’attente, l’anticipation) et protivostoianiie (l’affrontement, la confrontation, l’opposition)
[3] Je crois que ce terme est aujourd’hui considéré comme très ringard, mais moi je l’aime bien.
[4] En russe, le terme shpion (espion) ne désigne que les agents étrangers. Les agents du renseignement soviétique, eux, sont les razvedtchiki, littéralement les «éclaireurs»

***

Krasnaia Plesen’ – « Papy Kirill et le cinéma »

[Interlude]
[Edvard Radzinskiï] [5] « Le Tsar Nicolas, avant sa mort, a dit : “Je crois que dans Krasnaia Plesen’, il n’y a que des putain d’abrutis qui chantent !”… et puis… il est mort…

La guerre fait rage dans le pré,
Les Allemands tombent par paquets,
Les partisans les tuent à coups de râteau.
Le réal’ gueule comme un sourd,
Le tournage suit son cours,
Y’a une bataille avec des tanks sur le plateau

Et c’est à cet endroit pile
Que passe le vieux papy Kirill,
Vers sa datcha avec une pelle et un maillet.
En voyant tous ces nazis,
Il croit que la guerre a repris
Et papy a complètement déraillé

Refrain :
En criant «la Patrie appelle!»
Papy charge avec sa pelle
Sur les sales Allemands et les castagne.
La bave, la morve et les bouts
D’ennemis volent partout,
Tu parles d’une petite virée à la campagne !

[Papy] « Sur ma liberté j’le jure ! [6] Je vais vous déchirer connards, enculés, maudits fascistes [7] »
[Équipe de tournage] « À l’aide ! » « On se tire ! »
[Papy] « Que je passe un siècle derrière les barreaux ! Je vais vous déchirer connards, enculés »
[Équipe de tournage] « Appelez la police! »

Papy n’en a fait qu’une bouchée,
Puis voit un char en papier mâché
Et attrape une grenade sur son ceinturon
La grenade s’envole et pète:
Au revoir, jolie maquette !
Tout ça c’est de votre faute bande de couillons !

En même pas une demi-heure
Il reste pas un seul bunker,
Dans le pré, y’a plus d’acteurs ou de décors,
Papy a tout foutu en l’air
Et comme ça en éclair
Notre cinéma si renommé est mort.

[Refrain]

Titre original : Красная Плесень – «Дед Кирилл и кинематограф»
Album : Дискотека Ефрейтора Сруля (La discothèque du gefreiter Chiard), 2007

[5] Présentateur télé, auteur, historien, vulgarisateur (sorte de Stéphane Bern à la russe), connu pour ses descriptions vibrantes, son amour pour « la Russie [tsariste] que nous avons perdu » et sa voix haut perchée caricaturées ici.
[6] Vek svobody ne vidat’ – « [que je] ne voie pas la liberté [durant] un siècle [si je mens / trahis ma parole] ». Variante – blia boùdou – « [je] serai [une] pute [si je mens, etc.] » Expressions du jargon truand visant à dire « j’te le jure c’est vrai, la vie de ma mère », sauf que là, c’est sur sa vie (son honneur/sa liberté) qu’on jure.
[7] En URSS, on refusait de voir une différence substantielle entre fascistes et nazis, c’est pourquoi le mot fachist est très souvent utilisé en russe pour parler des nazis à la place du mot natsist.

***

zarodinuzastalina

Sans titre.
Illustration de Vassia Lojkine.

Publicités

7 commentaires sur “Cannes, Kino, le cinéma, Serebrennikov, l’Été et des navets guerriers

  1. Très intéressante critique, démolition en règle – à la manière du Papy Kyrill lâché dans le tournage. Mais vous négligez deux détails :
    1) Pour un occidental qui connaît peu le cinéma russe ou soviétique, à part quelques chefs d’œuvres classiques, découvrir les films russes sur les guerres (de la GG Patriotique à celle d’Afghanistan) est une découverte prodigieuse à deux points de vue. D’une part, pour les non-russophones qui regardent ces films en version sous-titrée, c’est tout simplement une découverte du monde russe ou soviétique : même via le prisme du cinéma, c’est extraordinairement instructif, stimulant, émouvant.
    D’autre part, en filigrane ou en arrière-plan des aventures plus ou moins conventionnelles, ils nous offrent une énorme tranche d’histoire saignante que nous ne connaissions que par ses grandes lignes et des statistiques atroces (25 M morts en 1941-1945…). De la mort et aussi de la vie. Ces films contiennent par exemple maints aperçus de la vie quotidienne en URSS, voire des traces de ce qui y subsistait de l’ancienne Russie; parfois des discussions politiques ou littéraires entre combattants… essayez donc d’en trouver même dans les meilleurs films de guerre américains. Mille détails banals ou invisibles pour un Russe, mille petits trésors d’humanité fixés sur la pellicule (ou l’enregistreur numérique) pour les curieux dans le reste du monde.
    2) Le cinéma russe récent rompt nettement avec la tradition soviétique (comparez par ex les deux versions de « Ici les aubes sont calmes »). Non seulement il n’est pas dénué d’images choquantes (gore, sexe, etc). Mais surtout il aborde brutalement les thèmes jadis «tabous» : les purges staliniennes de l’état major et des officiers, les défaites initiales et les millions de prisonniers de guerre, les collabos, les apparatchiks communistes qui fuient leurs responsabilités, les pertes très élevées tout au long du conflit. Seul le pacte Molotov-Ribbentrop reste tabou, et avec lui l’aide massive de l’URSS au Reich, aide sans laquelle Hitler n’aurait pas pu écraser les démocraties en 1939-1941. Et, dans la foulée, l’occupation de l’Europe de l’Est n’apparaît, discrètement, que comme une libération. Bref, autant que je le comprenne, n’étant nullement Kremlinologue, le cinéma russe diffuse une critique profonde, quasi soljénytsienne, du système communiste (pas seulement du prétendu « stalinisme »)… seulement sans mettre en cause le régime actuel et ses soubassements nationalistes.
    Du coup, par votre faute, je vais encore visionner de nouvelles videos russes – à commencer par ce Evgueni «BadComedian» Bajénov, que je suis déjà décidé à dénoncer aux Organes.
    Que Saint Vladimir, avec Cyrille et Methodos pour faire bonne mesure, vous aient en leur sainte garde – non, réflexion faite, plutôt qu’ils vous laissent continuer à bloguer.

    Aimé par 1 personne

  2. PS : Les concepteurs graphiques de sites web pourraient-ils perdre la fâcheuse habitude de mettre les textes en gris clair sur fond blanc ? Juste par égard pour nos yeux ! Ces ennemis du peuple seraient-ils vendus aux opticiens ?

    J'aime

  3. Merci pour vos commentaires et vos encouragements.

    1) Euh, oui :3
    Malheureusement, j’ai un amour particulier du trash et le kitsch, et il y a plein de gens qui vous parleront bien mieux que moi du bon cinéma soviétique ou russe.
    C’est effectivement le reflet d’un univers, d’un peuple marqué par la Grande Victoire (et le Grand Sacrifice) mais aussi la débâcle afghane (également connue comme «c’est la faute aux Stingers américains»), la trahison de la première campagne tchétchène ou le précaire et contentieux équilibre qui subsiste après la deuxième…

    2) Vous avez raison de préciser qu’il existe certains thèmes de la 2e GM sur lesquels on а «préféré» ne pas lever le tabou, dans le cinéma ou ailleurs.

    Concernant le pacte de non-agression avec l’Allemagne, le peuple-héros est, à mon avis, incapable d’assumer ce choix tout à fait pragmatique fait par les dirigeants soviétiques : sachant que l’attaque était inévitable, ils avaient le choix entre amadouer les Allemands et les inciter à bouffer l’Europe occidentale en premier, ou risquer de se faire rouler dessus à un moment où ils n’étaient pas prêts.

    La perception libération/occupation de l’Europe de l’Est, c’est une manière de dire : OUI, les sales commissaires ont fait souffrir *notre* peuple, MAIS avec les polonais/baltes/etc ils étaient gentils tout plein et puis oubliez pas qui c’est qui a reconstruit leur écoles/usines/etc, hein.

    Si vous avez encore de temps à perdre après BadComedian, vous pouvez aller faire un tour sur la chaîne du Goblin, que j’avais déjà présenté dans ce vieux billet :

    https://blogs.mediapart.fr/leshat/blog/231214/soljenitsyne-pouchkine-et-le-goblin

    J’avais omis de le préciser, mais lors de la présidence Medvedev, Archipel du Goulag a été inclus dans le programme obligatoire de littérature de Russie, et c’est à «combattre» cette officialisation de son œuvre qu’étaient destinées, à la base, les «lecture soljénitsyennes»

    S’il y a des trucs qui me font et me feront toujours bondir dans l’attitude du personnage (particulièrement sa misogynie et son paternalisme impérialiste), il faut dire que certaines vidéos de sa chaîne sont ce qui se rapproche le plus, dans la Russie actuelle, d’une auto-critique constructive et vulgarisatrice du communisme (mais attention, au temps du père Staline tout allait bien, c’est quand ces incapables de Khrouchtchev / Brejnev / Gorbatchev s’y sont mis que c’est parti en sucette). Par exemple, ce curieux dialogue intitulé «Terminator contre Alissa Sélézniova»

    L’historien Klim Joukov y affirme qu’il existe un écart (qui, sous-entend-il, est issu d’une duplicité et d’une volonté délibérée de manipuler l’humeur populaire) entre le cours adopté par le pouvoir (oligarchie capitaliste réactionnaire) et ce qu’on veut vendre au peuple et ce que ce peuple veut consommer (la nostalgie des grandes réussites de l’époque soviétique).

    Peut-être qu’un jour je trouverai le courage de sous-titrer cette vidéo en entier et que je trouverai un moyen de publier ladite traduction, si St Jean et l’esprit d’Etkind me viennent en aide.

    P.S. : je vais voir ce que je peux faire pour le thème du site

    J'aime

  4. Le film de Serebrennikov n’est pas ce que je serai allé voir à Cannes, j’aime bien l’expression « poudre aux yeux Medvedienne » c’est très juste. L’ère Sourkov est terminée. Même si on vient de publier une traduction de Vladislav Youryevich à New York et que l’occident s’y intéresse. C’est fini, les gens comme Serebrennikov, payent les pots cassés. Et son film, ça m’étonnerai que le succès aille très loin à part des petits cercles.

    Il y avait aussi à Cannes le film à la gloire d’Anatoly Sobchak. J’aurai bien aimé voir comment ils réécrivent l’histoire.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s